HDA le dictateur

LE DICTATEUR de Charlie CHAPLIN

 

 

 

 

 

  1. 1. Identifier :

Nom original : The Great Dictator

Film de Charles Chaplin de 1940

En noir et blanc, premier film parlant de Chaplin

Durée : 2 h

Sortie en France en 1945

 

  1. 2. Décrire :

Le film raconte l’histoire d’un barbier qui, au début est soldat pendant la première guerre, pendant laquelle il sauve la vie d’un officier de l’armée de Tomania. L’avion dans lequel ils se trouvent s’écrase et le barbier est envoyé à l’hôpital où il reste 20 ans. Puis il revient dans son ancien atelier de barbier inclus dans un ghetto juif d’une ville de Tomania sans savoir qu’un dictateur qui lui ressemble beaucoup, Hinkel, a pris le pouvoir dans ce pays. Le film raconta alors la lutte entre les juifs du ghetto et les nazis sur fond de l’invasion de l’Osterlich, en rivalité avec Napaloni. Celle-ci étant réalisée, une confusion fait prendre le barbier pour le dictateur. Cette confusion est facilitée par le fait que les des deux principaux rôles, Hinkel et le barbier, sont joués par le même acteur.

Le film se clôt sur un discours dit finalement par le barbier dans lequel il montre un monde idéal humaniste et pacifiste.

 

  1. 3. Intérêt du film :

Le film évoque de nombreux aspects du nazisme. On le devine par le nom du dictateur et ses attitudes, par des symboles comme la croix gammée :

la propagande avec les manifestations de masse comme à Nuremberg, le contrôle de la presse, de la radio, la censure. Le personnage de Garbitsch (« ordure », « pourriture » en anglais) en est l’illustration. Chaplin s’est sans doute inspiré ici de Goebbels pour bâtir ce personnage. La langue utilisée lors des discours est souvent incompréhensible.

Le culte de la personnalité, celle d’Hitler mais aussi de Napaloni (Mussolini) que Chaplin choisit de ridiculiser. Pour ce faire, il s’est soigneusement documenté en regardant des discours d’Hitler. Chaplin a parfaitement compris qu’Hitler s’est forgé un personnage, il se moque fréquemment de sa rhétorique avec des phrases creuses hurlées (si violentes qu’elles font tordre le micro). Dans la scène de la gare avec la rencontre entre Hynkel et Napaloni ou l’épisode du bureau, Chaplin procède à une ridiculisation totale des dictateurs.

L’état policier nazi : La double croix (signifie trahison en anglais), les SA (anachronisme puisqu’ils ont été éliminés dès 1934) sont des brutes épaisses pas très malignes et faciles à berner. Les camps de concentration sont évoqués mais comme de simples bagnes. La censure est obtenue par la violence policière.

L’expansionnisme : le lebensraum est un des thèmes du film avec la volonté de s’emparer de l’Osterlitch, l’Autriche donc. Chaplin fait allusion à l’épisode du col du Brenner en juillet 1934 où Mussolini empêche un premier Anschluss. De même, le rêve de domination mondiale transparaît avec éclat dans la fameuse scène du globe : dénonciation de la mégalomanie d’Hitler, de son rêve de domination mondiale. .

Le racisme et plus particulièrement l’antisémitisme avec le boycott des magasins juifs, la mise en place des ghettos, l’exclusion par les lois de Nuremberg, la théorie de la race aryenne et une allusion à la Nuit de Cristal.

 

Dans ce film, Chaplin s’engage contre Hitler et l’Allemagne nazie, à armes égales, sur le terrain du spectacle. Dans des décors semblables à ceux de la propagande nazie, il en dénonce la réalité brutale et violente en mimant le dictateur s’adressant à des foules obéissantes. Il alerte aussi ses contemporains sur les rêves expansionnistes et la volonté impérialiste du dictateur allemand. Maître du genre, il n’hésite pas à utiliser des procédés burlesques pour rendre Le Dictateur ridicule.

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